C’est l’hiver, je sors mon √©charpe…

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Enfin, plut√īt mon bras en √©charpe. Ben oui, pour mon deuxi√®me jour √†¬† Prachuap Khiri Khan, j’ai voulu louer un v√©lo pour pouvoir partir √†¬† la d√©couverte du littoral et des montagnes qui de loin comme √ßa faisaient de l’oeil en semblant me promettre milles merveilles. J’aurais pas fait le tour des milles, juste 3 ou 4 finalement.
Parti de l’h√ītel Prachuapsuk qui m’a fourni le v√©lo ( et qui est je pense l’h√ītel moins cher de la vile mais tr√®s v√©tuste et au propri√©taire pas des plus accueillants ), j’ai juste eu le temps de faire une longue trempette dans l’eau √†¬† la magnifique plage de Ao Manao avant de repartir et suite √†¬† une bourrasque de vent avoir voulu m’arr√™ter pour ranger mon chapeau dans mon sac √†¬† dos. Et l√†¬† c’est le drame ! Je roule a tr√®s faible allure sur un petit chemin, je presse √†¬† peine sur les freins pour ralentir et m’arr√™ter. Et je finis par terre. Une plaque de verglas, vous d√ģtes-vous ? Non. Un rocher que j’ai pas vu ? Un √©l√©phant qui m’a charg√© ? Non et non. Rien de tout √ßa. Juste des freins mal r√©gl√©s qui √†¬† peine une pression l√©g√®re et ils bloquent compl√®tement la roue avant, l’autre √©tant d√©pourvue de syst√®me de freinage. Ensuite la physique fait son oeuvre. Demi-soleil pour moi, 2/3 de soleil seulement pour le v√©lo plus flemmard. Assez jolie figure techniquement mais avec une note artistique √†¬† mon avis d√©cevante tant ma r√©ception est brouillon et disons-le un tantinet violente.
C’est surtout l’id√©e d’assurer en partie mon atterrissage sur le coude qui si elle est novatrice, n’√©tait finalement pas tr√®s heureuse. J’ai quelques √©corchures bien s√†¬Ľr mais surtout une douleur lorsque je tente de plier le bras qui ne me semble pas n’√™tre que musculaire. Je remonte, en scelle, il para√ģt que quand on tombe de cheval faut remonter tout de suite. Je sais pas si √ßa vaut aussi pour le v√©lo; dans le doute, je r√©enfourche ma monture. Je d√©cide de tourner encore un peu sur les petites routes d’Ao Manao, le temps de voir si la douleur se calme et histoire d’en profiter un peu. Et rapidement, je vois un panneau indiquant l’h√īpital de la base militaire de la ville. Je d√©cide de m’y rendre de plus en plus persuad√© au vu du type de douleur que j’ai, qu’un os s’est un peu d√©plac√© ou un truc dans le genre. Ils me d√©sinfectent mes plaies regardent un peu mon bras qui se plie en me faisant grimacer et estiment que tout va bien. Je suis un peu sceptique mais bon. Je rentre √†¬† mon h√ītel en p√©dalant √†¬† rebrousse poil les 4 km que j’avais faits. La douleur est de plus en plus pressante et la flexion de mon bras perd en amplitude. Il me faut retourner √†¬† l’h√īpital. Celui de Prachuap cette fois.
Je ram√®ne le v√©lo √†¬† son pr√©parateur √†¬† qui j’essaie d’expliquer la dangerosit√© de sa catapulte humaine mais qui prend la chose √†¬† la rigolade. Je lui dis que je veux aller √†¬† l’h√īpital persuad√© qu’il me proposera de m’y emmener se sentant un peu coupable. J’obtiens juste un ¬ę¬†I am sorry for this¬†¬Ľ entre deux pouff√©es de rire. Il m’√©nerve. Je m’en vais. Je ne sais pas o√Ļ est l’Hospital, sur internet, j’ai pas trouv√© dans le Lonely Planet non plus. Je me dirige donc vers le bureau de la police touristique ( ¬ę¬†my first friend¬†¬Ľ, remember ? ) et j’aper√ßois un peu avant un b√†¬Ętiment estampill√© d’une croix rouge. J’y p√©n√®tre et me rends compte aux sacs entrepos√©s dans le hall que c’est une antenne de la Croix Rouge. Un jeune homme se pr√©sente devant moi, je lui demande na√Įvement: ¬ę¬†This is not an hospital here ?¬†¬Ľ. Il me le confirme mais attrape les cl√©s de son scooter et me propose de m’y emmener. Agripp√© avec mon seul bras valide √†¬† l’anse a l’arri√®re du deux roues, j’essaie de rep√©rer un peu o√Ļ on passe et me rends compte que l’h√īpital n’est pas tr√®s loin de mon h√ītel. J’arrive √†¬† l’accueil j’explique mon cas. On me tend un papier √†¬† remplir mais j’en suis √†¬† un stade o√Ļ √©crire m’est tr√©s douloureux. Devant mes grimaces, l’infirmi√®re me prend le formulaire des mains et mon passeport et remplit les blancs √†¬† ma place. Apr√®s quelques minutes d’attente, un infirmier vient me chercher en fauteuil roulant pourtant je peux marcher mais √ßa je crois que c’est commun √†¬† tous les h√īpitaux. Direction les urgences. Plusieurs internes viennent me poser des questions puis s’en vont. Je reste de longues minutes √†¬† grimacer. A c√īt√©, sur un lit c’est l’effervescence, non pas qu’il y ait un bless√© grave, non juste des ambulanciers qui filment et photographient les urgences et plus particuli√®rement le patient qu’ils ont amen√©. Peut-√™tre le remake tha√Įlandais de la s√©rie Urgences ? En tout cas, ici ce n’est pas le Burumgrad Hospital de Bangkok, on n’est beaucoup moins dans le neuf et le moderne, les roulettes des chariots sont souvent un peu rouill√©es, chaque m√©decin n’a pas son st√©thoscope, il y en a 5 accroch√©s au mur et chacun semble se servir dans ce ¬ę¬†stock¬†¬Ľ, pour prendre ma tension, retour √†¬† la bonne vieille poire pour gonfler le brassard, la salle des urgences est un peu v√©tuste mais rien d’alarmant non plus et surtout un peu bord√©lique.
Bref, on se d√©cide enfin m’envoyer faire une radio. Nouveau voyage dans mon fauteuil sur 4 roues. La vue de profil de mon coude se passe bien pour la vue bras tendu, je d√©guste ! Le d√©veloppement est rapide, retour √†¬† l’envoyeur avec les pr√©cieuses photos. Trois m√©decins les regardent √†¬† tour de r√īle, je crois qu’avec les √©trangers, ils font encore plus attention qu’avec les patients locaux. Et le verdict tombe: petite fracture. L’infirmi√®re pr√©pare un bandage avec des bandelettes de pl√†¬Ętre le but √©tant de faire une coque rigide pour maintenir mon bras pli√© √†¬† 90¬į. Le gars qui vient par derri√®re sans pr√©venir pour obtenir cet angle droit me fait horriblement mal. Ce sadique au lieu de placer mes membres d’un mouvement continu et rapide, le fait millim√®tre par millim√®tre. J’attends un peu que mon nouvel √©quipement durcisse et rendez-vous √†¬† la caisse o√Ļ je r√®gle 850 bahts pour les soins, la radio, les anti-douleurs et la bandouli√®re pour placer mon pl√†¬Ętre. Je ressors et retourne √†¬† mon h√ītel √†¬† pieds. Me voil√†¬† donc manchot et dans l’incapacit√© de prendre des photos pour 3 semaines. Youhou, joyeux No√†¬ęl !