Frohe Weihnachten

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C’est marrant, en France, un gars avec un plà¢tre qui se balade dans la rue, ça se fait dans l’indifférence la plus totale voire quelques mimiques de compassion, ici pas du tout. Ca les fait marrer ! Mais pas juste un comme ça de temps en temps, non tous sont hilares. J’imagine que le phénomène est amplifié parce que je suis farang donc c’est encore moins commun et donc plus drôle. Quoiqu’il en soit ce soir, c’est Noà«l même si à  Prachuap ça se voit pas tellement.
Donc comment passe-t-on Noel à  des milliers de kilomètres de chez soi dans un pays pour qui ça reste une fête assez insignifiante ? Et bien en ce qui me concerne, ça commence dans ma chambre à  regarder « The grinch » en mangeant des noix de cajou. Et malgré les apparences, suivre les aventures de ce géant vert version poilue ce sera mon activité du jour la plus « noellique ». Ensuite, après la fin heureuse où tout le monde s’aime, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, enfin beau, faut aimer les orangs-outangs verts, quoi, je mets ma plus belle chemise, enfin la plus repassée et je sors. Le défi est alors de trouver un lieu avec un peu de vie, un peu de Noà«l attitude. J’avais repéré un restaurant tenu par un allemand et me suis dit que là  j’avais une petite chance qu’il y ait un peu d’animation. Aucun sapin, pas de Kling Gloeckchen klingelingeling en fond sonore mais trois grandes tablées d’une huitaine de personnes. Je m’assois seul à  une table et commande mon repas. Rapidement, le groupe le plus bruyant m’invite à  sa table. Nous faisons rapidement les présentations, les trois hommes sont autrichiens pour deux d’entre eux et allemand pour le dernier. Chacun a sa paire thaï avec lui et l’un d’entre eux a dà» la prendre chez le Afflelou local et avoir une deuxième paire gratuite car il y a une quatrième thaï. C’est la plus mignonne et je la connais déjà . On est dans le même hôtel et c’est la seule qui m’a demandé ce qui m’était arrivé et m’a proposé de m’aider si j’avais besoin. Proposition qu’elle me refera à  plusieurs reprises ce soir-là  dont certaines avec un air malicieux. Les hommes sont contents de voir que je comprends très bien l’allemand, par contre mes phrases de réponse sont courtes et maladroites. Plus de 12 ans que je n’ai pas parlé cette langue. La thaïlandaise qui me fait un peu de gringue, parle elle assez bien le germanique, je suis impressionné et ces consoeurs un peu aussi. Apparemment à  Prachuap, les rares touristes sont allemands ( ou alsaciens 😉 ) et donc les gens ont un peu appris cette langue.
J’ai commandé un cordon bleu, c’est ce qui se rapproche le plus de la dinde de Noà«l sur la carte et c’est l’autrichien au look de rocker, vous prenez Johnny Hallyday, vous le sortez de l’hôpital, vous lui ajoutez 20 kilos et une queue de cheval et vous avez Helmut, qui découpe gentillement ma viande. L’autre plus à¢gé tient absolument à  me faire profiter de sa longue expérience du marché des femmes en Thaïlande. Tantôt en allemand, tantôt en Anglais, il me radotera au moins 5 fois qu’il ne faut jamais payer mille bahts pour une fille, jamais plus de 500 surtout si on est jeune et beau comme moi, ensuite il faut aussi acheter, y a pas d’autre mot, la demoiselle au bar pour 300 bahts ( le prix de 6 bières ). Je comprends mieux le fonctionnement des bar à  hôtesses, ça m’aura au moins servi à  ça. Je trouve ça un peu glauque même si je suis ouvert comme garçon et que je dois avouer que les jeunes filles dans ces lieux m’ont toujours étonné par leur bonne humeur et leur joie de vivre. Façade ou réalité, je ne sais pas…
Bref, ça picole pas mal, les bouteilles de bières s’entassent sur la table, on m’en sert forcément malgré mes protestations: « Ich nehme Medikamenten. Ich darf nicht alkohol trinken ! » ( je prends des médocs, je dois pas boire d’alcool ). C’est probablement grà¢ce aux vertus du breuvage houblonné que mon voisin me redit de ne jamais payer plus de mille bahts. Ensuite pour que la fille t’accompagne partout si tu lui plais, tu ne paieras plus que 300 par jour. « Chouette ! » me dis-je, « il devrait écrire un guide ». Heureusement les filles mettent un peu d’ambiance en dansant et reparlant de mon accident de vélo en se moquant de moi. Et Johnny qui a forci a lui aussi une conversation plus diversifiée. Par contre l’Allemand, ne décrochera qu’une vingtaine de mots dans la soirée. Nous trinquerons plusieurs fois dont une seule à  Noà«l et vers minuit, je décide de quitter mes compagnons et laisse 200 bahts pour payer mes consommations. C’est un plus que ce que je dois et l’expert en tourisme thaï le remarque, demande à  ce qu’on fasse l’addition exacte de ce que j’ai pris et qu’on me rende le trop perçu. « More money for women » dit-il avec un sourire. La Thaï sexy me dit à  bientôt et me voilà  dans les rues complètement désertes de Prachuap. Un vide et un calme à  ce point c’est impressionnant et ça confirme qu’ici Noà«l est un soir comme les autres.