Khao San Road et le feu qui ne verdissait jamais

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Il etait une fois, dans la grande cite de Bangkok et plus precisement dans le royaume de Khao San Road, un touriste francais qui se baladait avec son gros baluchon et sa malle trop lourde pour ses soixante kilos tout mouille. Il venait d’arriver pour la premiere fois dans ce territoire qui bordait les palais et temples les plus fameux de Grung-tep ( Bangkok dans la la langue locale ). Deja de nombreux de ses semblables avaient fait le voyage jusqu’a cette contree et avaient elu domicile pour l’essentiel Soi Rambuttri et dans les soi alentour. Beaucoup de marchands et aubergistes ayant flaire la bonne affaire avaient ouvert g๎tes, couverts et echoppes en tout genre destines a cette clientele providentielle et plus depensiere que la population locale. On pouvait meme trouver des aires de massage en pleine rue proposant un tarif unique de 100 baht la demi-heure. Notez que notre heros se laissera tenter par un round de ses tripotages relaxants et sera pris en charge par le masseur de l’equipe de lutte, appele ici thai boxing, du coin. Une aubaine pour son bras blesse qui fut ici bien traite meme si son extension restera recalcitrante. Plusieurs vendeurs ayant eu la bonne idee de delaisser les gens de passages de leur epais guides de voyage vous proposaient egalement la collection complete du Lonelynus Planetus souvent en langue grande bretonne parfois en francois.
Ayant elu domicile dans la Green House dans une petite chambre avec tout le confort mais salle d’eau sur le palier, notre voyageur decida, apres avoir pose ses bagages et s’etre rafraichi d’une douche, d’aller decouvrir cette contree nouvelle. Il parcouru d’abord la longue rue de son lieu de villegiature qui semblait pietonne mais etait tres souvent parcourue par des taxis et de dr๔les de vehicules a trois roues qui portent le nom de tuk-tuk. Tout a coup, au detour d’un carrefour, il se retrouva dans une grande rue decore de longues guirlandes de fanions bleus, blancs et rouges pour les uns et jaunes pour les autres, les armoiries du royaume semblait-il. Il n’avait jamais vu, chaussee autant animee. Il venait de poser souliers dans la celebre Khao San Road ! Des marchands de part et d’autre vendaient pour la plupart des textiles ou de la nourriture mais on pouvait trouver toute sorte de choses. les farangs comme on aimait ici a appeler les barbares, grouillaient, defilaient avec de lourds paquetages sur le dos, deambulaient en train de se nourrir de pโtes sautees, ou se mettaient en soutien-gorge pour les dames au su et au vu de tous le monde le temps d’essayer un top « trop pas cher ». Notre explorateur se fit meme accoster par un mage affuble d’un turban lui promettant de lui devoiler son avenir et lui annoncant d’ores et deja qu’il aurait 3 bonnes nouvelles dans le mois qui allait s’ecouler. Une sorte de teaser comme on dit. Conscient que l’homme en voulait surtout a ses ecus, il s’eloigna tranquillement.
Muni du plan que lui avait remis l’employee qui vivait, enfin au moins pendant les heures de bureau, dans la guerite de la police touristique, il decida de se rendre au Wat Phra Keo, temple repute pour sa beaute et ses dorures et non loin de Khao San Road. Pour cela, il fallait braver la dense circulation d’un carrefour voisin. Heureusement, il y avait des feux de signalisation pour reguler les flux des pietons et des voitures. Pour traverser le premier passage, il fallait presser un bouton vous delivrant au bout d’un temps certain un droit de passage de 14 secondes, compte a rebours a l’appui. Pour le second pas de dispositif de ce genre. Il fallait juste patienter jusqu’a ce que l’homme rouge s’assagisse et devienne vert. 5 minutes, 10 minutes, 15 minutes, les pietons s’entassaient des deux c๔tes des bandes blanches. Le bonhomme restait invariablement ecarlate. Notre heros sentant le coup fumeux, decida de s’asseoir non loin de la et de lire son guide de voyage en observant d’un oeil le signal du feu qui ne se decidait toujours pas a changer d’etat. Au bout d’une petite heure, un agent en uniforme probablement depeche sur les lieux par les autorites locales vint faire office de regulateur et liberer les pietons n’ayant pas eu la temerite de se lancer dans le flot des voitures comme les plus impatients l’avaient fait. Le voyageur referma son livre et repris sa route pas le moins contrarie plut๔t amuse meme par cette mesaventure.
Khao San Bangkok Rama VI Bridge
Le soir, il pu apprecier l’animation dans les rues et le calme d’une balade le long du Chao Praya et s’arretant quelques instants sur un banc de pierre au bord de l’eau il immortalisa de son daguerotyoe numerique 12 millions de pixels, le pont Rama VI ayant revetu ses plus belles lumieres. Juste a c๔te sur un ecran tendu sur le mur de la tour des remparts, le dernier film du festival du film etudiant etait projete devant une petite trentaine de cinephiles en plain air.
Bangkok by night
Le lendemain matin, apres avoir pris sa ration de muesli, yaourt et fruits matinale dans un petit stand de Soi Rambuttri, notre heros decida de quitter le royaume de Khao San se disant qu’il est bien agreable d’y passer un ou deux jours. Peut-etre pas plus… Sauf a en partir dans la journee pour decouvrir les beautes de Bangkok et y retourner la nuit tombee. C’etait un lieu, se dit-il, qui fait la part belle aux voyageurs et quasiment entierement devoue a eux. Comme une sorte de village d’etrangers en plein dans la ville. Le pays o๙ la vie est moins chere et le routard est nombreux, en quelque sorte. Fort de cette experience et ayant vaincu l’epreuve de patience du feu qui ne bougeait pas, il s’en alla vers d’autres aventures commencant a rever de Laos et de Luang Prabang…

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