Bus de nuit

Share Button

Voyager au Vietnam quand on ne connait pas les ficelles, ce n’est pas si aisé. Surtout si on aborde les choses avec la naïveté d’un gars qui a passé 3 mois en Thailande et qui croit que la vie est partout aussi simple. Ici, les étrangers ne sont pas censés monter dans les bus publics et effectivement rien n’est fait pour qu’ils y parviennent. Pas de double affichage en Anglais, pas de personnel parlant l’anglophone ni même désireux de faire l’effort de vous comprendre même si vous vous exténuez a faire des gestes et montrer sur la carte la où vous désirez vous rendre. Le mieux, c’est de vous adresser aux compagnies privées. Et aucune n’a de guichets aux terminaux de bus donc il faut partir à  la chasse à  leurs bureaux dans la ville. Et le gibier trouvé ne dessert pas forcement le lieu où vous voulez aller. Je vous fais grà¢ce de mes mésaventures, sachez juste qu’au final la solution la plus confortable c’est de prendre les billets Open Tour que proposent quelques agences. Ils vous permettent de vous rendre à  plusieurs destinations imposées en prenant pour sauter de l’une a l’autre le bus le jour qui vous convient. Formule qui ne comporte que des « sleeping bus ».Enfin, sleeping c’est ce qu’ils disent car pour moi c’était plutôt un awakening bus.
On entre dans un sleeping bus comme dans un temple, en retirant ses chaussures à  l’entrée. A l’intérieur pas de prière, enfin si prière de ne pas ronfler, s’il vous plait. Et une vraie allure de sous-marin avec ses lits métalliques superposés sur trois rangées dans un souci effréné d’optimisation de l’espace pour un total de 40 places dont deux dans des hamacs tendus dans les allées. Seule position possible, être allongé sous peine de rencontrer le plafond ou le lit supérieur avant d’avoir achevé les 90 degrés de la flexion de votre corps. Extinction des feux et c’est parti ! Vous voulez vous lire une histoire avant de dormir, fallait prévoir la lampe torche. Largeur de votre couchette: 60 cm. Vous adoptez la position du gisant. Distance à  parcourir jusqu’à  Hoi An: 530 km, durée du voyage:12 heures. Je me demande bien comment va réagir le bus en passant le mur du son… Mais bon quand on dort, on ne voit pas le temps passer. Ben, non, on voit rien, on a les yeux fermés !
Vous allez dire que je n’y mets pas du mien, mais dans un véhicule qui klaxonne plus ou moins régulièrement et saute violemment en permanence, ben moi, j’arrive pas a dormir. Du coup, ce temps qu’on voit pas passer, il est long quand même. Je pourrais regarder le paysage, ah ben non il fait nuit. Continuer à  étudier le thaï dans mes bouquins, ah ben non, y a pas de lumière. à‰crire un billet pour mon blog, non plus. M’asseoir et méditer sur la v… Aie ! Ma tête. En même temps si je m’étais assommé, j’aurais dormi comme un bébé.
7h30 du matin, le bus stoppe dans la cour d’un hôtel. C’est le terminus. Une jolie façon de nous forcer la main pour s’installer ici. Je prends une moto pour la vieille ville. L’avantage d’avoir voyage de nuit, c’est que vous arrivez bien avant que les gens quittent leurs hôtels, même bien avant qu’ils se réveillent. Vous reste donc à  attendre 2 a 3 heures pour voir si des chambres se libèrent, les rares hôtels dans ce quartier étant souvent pleins. Après une nuit blanche, me voila SDF pour quelques heures. Bref, je ne suis pas un grand fan, vous l’aurez compris, de ses sleeping bus. Mais ils sont la seule option.
Et faudra remettre ca de Hue à  Hanoi dans quelques jours pour 13 heures de trajet à  travers des paysages sublimes… la nuit ! J’aurais du emmener mes lunettes infra-rouges. Quel con !