Operation retour au bercail

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Toutes les bonnes choses ont une fin √†¬† ce qu’on dit. A priori toutes les mauvaises aussi mais bizarrement on n’en a pas fait un dicton. Quoiqu’il en soit, ca y est le moment de retourner au pays du fromage et des gr√®ves est venu. Roissy a rouvert juste a temps pour m’accueillir, mon vol est confirm√©, ma valise par√©e, un dernier tour en taxi sur la Highway de Bangkok et me voila dans la longue queue pour l’enregistrement des bagages. Cette fois, j’ai droit a 30 kgs selon le site d’Emirates donc je ne devrais pas avoir besoin d’enfiler la moitie de mes fringues sur moi et de bourrer les poches de ma veste de mes bouquins pour √©viter de payer un exc√©dent de bagage. Mon tour arrive, je pose mon passeport sur le comptoir et ma valise sur le tapis roulant / balance ( mot bien trouv√© tant a Hano√Į, √ßa avait √©t√© une belle balance de cafter √†¬† la guicheti√®re que j’avais un bagage trop lourd ). Verdict: 28,2 kilos. Logiquement pas de souci. Pourtant, l’h√ītesse empoigne sont t√©l√©phone et semble appeler en haut lieu. Je me demande ce qui va me tomber dessus mais je fais de larges sourires quand elle me regarde, pour me donner l’air ang√©lique du mec sympa et confiant. Mais je me pose des questions. Le volcan s’est r√©veill√© ? Ils ont chang√© le maximum de poids autoris√© dans la nuit ? ¬ę¬†Continue de sourire b√™tement surtout¬†¬Ľ. Je comprends qu’elle explique que je voyage kon diao enfin seul quoi et me demande bien pourquoi cette pr√©cision. Et la sentence tombe, sans appel. Plus de place pour moi, enfin en classe √©conomique, je vais devoir voyager en business class. Ben, ca commence bien ! Tr√®s bien m√™me !
Je n’ai par contre pas droit √†¬† la loge tout confort avec buffet √†¬† volont√©, je dois attendre sur les rang√©es de si√®ges impersonnelles, avec les pauvres. Mais d√©s l’ouverture de l’embarquement, dans le corridor qui m√®ne √†¬† l’appareil, je peux les d√©passer all√®grement en leur faisant des pieds de nez, enfin dans ma t√™te parce qu’il y a un groupe de Hollandais assez baraques, dans la file classe affaires. Enfin, classe testost√©rone surtout tant la gente f√©minine y a une repr√©sentation symbolique. A peine assis, j’√©tire mes jambes et incroyable, je peux les d√©plier compl√®tement. Ca m’√©tait jamais arriv√© dans un avion ! Le sourire de cette victoire encore imprim√© sur les l√®vres, je me vois proposer du champagne. Il n’y a pas de petits fours pour aller avec, du coup je fais la fine bouche et opte pour un jus d’orange. Et puis bon, il est 10h du mat’ un peu t√īt pour les bulles. Par contre, il devait √™tre tr√®s bon car mon voisin n’a ingurgit√© que ce breuvage pendant toute la dur√©e du vol et √ßa en a fait des coupes. Plus que celles dans la salle des troph√©es de Manchester United. Faut dire, on n’a pas la m√™me corpulence. Je me familiarise avec les trois boutons pour allonger mon si√®ge jusqu’√†¬† en faire un lit, le replier ou dresser la table pour manger et avec mon √©cran aussi que grand que ma t√©l√©. Puis c’est l’heure du repas. En entr√©e, le chef propose Canard fum√© et sa salade du potager, suivi d’un poulet picata et pour finir plateau de fromage, desserts et fruits frais. Table avec nappe blanche couverts en inox et service en porcelaine, c’est autre chose que les barquettes en plastiques distribu√©es au Tiers-Etat a l’arri√®re de la cabine. Un petit chocolat fourr√© pralin√© d’une grande maison pour accompagner mon th√© en fin de repas et hop je passe en mode transat √†¬† mater Avatar et District 9. A l’atterrissage, nous sortons les premiers. Normal, c’est la classe des gens affair√©s ici quand m√™me. Par contre gros rat√© dans l’organisation, apr√®s l’escale a Duba√Į, je dois retourner avec la populasse en classe √©conomique les genoux encastr√©s dans le fauteuil devant baiss√© par sa propri√©taire et les pieds accul√©s par le souvenir de vacances encombrant que celle de derri√®re pouce en permanence pour gagner du terrain sur l’espace vital du bien-√™tre de mes jambes. Et elle semble y prendre un malin plaisir malgr√© mes r√©flexions. Des semaines que je n’avais pas √©tait en contact avec des Fran√ßais et le premier sp√©cimen avec lequel j’entre en interaction a la bienveillance et l’altruisme qui fait notre r√©putation dans le monde entier. Cocorico !
J’atterris a Roissy avec 25 minutes de retard, vu la distance, une broutille et r√©cup√®re ma valise que les d√©licats bagagistes ont d√©capit√© d’une roue. Au guichet de la compagnie, on m’explique que c’est la faute du fabricant. Pas assez robuste mon fils. M’apprendra a acheter fran√ßais. Apr√®s tout ce que je lui ai fait subir, je suis quand m√™me √©tonn√© que ce soit dans cette derni√®re ligne droite que ma fid√®le √©quipi√®re soit ainsi amput√©e.. Me voila donc de retour dans ma m√®re patrie. Reste √†¬† r√©aliser que tout ce p√©riple √©tait bien r√©el. Un rapide coup d’oeil √†¬† mon bras en √©querre et je me dis que c’est bien arriv√©…