Je suis allé en Chine, j’ai gravi une montagne et salué le passage d’un roi

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Et tout ça dans la même journée ! Aujourd’hui, j’ai pas chômé. C’est probablement une des journées où j’ai le plus marché de ma vie. Oui, voyager en Thaïlande c’est pas toujours de tout repos. Depuis 11h le matin jusqu’à  presque la même heure le soir. La preuve que quand on part dans Bangkok avec un idée assez vague de ce qu’on va faire, on se laisse vite embarquer. Il faut dire qu’avec les festivités pour l’anniversaire du Roi, il y a une effervescence inhabituelle.
J’avais décidé d’aller à  Hua Lamphong puis de là  rendre visite au Wat Traimit qui s’était refusé à  moi lors de mon dernier passage ici et après peut-être le Wat Saket ( ou Golden Mountain ). Un programme des plus flous je vous dis. Une fois sorti du Wat Traimit dont j’ai enfin pu apercevoir le bouddha d’or, je me suis laissé happé dans Chinatown et son labyrinthe de rues commerçantes et ma journée folle était lancée.

Bangkok Chinatown marche

Dans ma tentative de partir vers le Golden Mountain, je suis passé sur une passerelle, j’ai vu des prangs, je suis allé les voir de plus près puis, je suis reparti. Arrivé, au pied de la Montagne Dorée, je me rends vite compte de ce qu’est un jour férié en Thaïlande. La sortie en famille ou entre amis, c’est aller au temple. Dans une bonne humeur à  toute épreuve. Ils sont tellement joueurs à  se photographier à  tout va et se chamailler gentiment pour les plus jeunes qu’on a presque l’impression qu’ils y viennent comme dans une fête. On est loin de la piété austère de la religion qui m’a baptisé. Je ne serais donc pas tout seul à  gravir cette montagne, c’est la première fois que j’y voit autant de monde. J’aime particulièrement ce temple et son toît avec son immense chedi doré, ses petits portiques à  clochettes et la vue sur les alentours.

bangkok Golden Mountain priere

Je redescends, direction le Lohat Prasat mais surtout la grande avenue qui mène au Victory Monument. Je croise des matelots en costume, une fanfare et toute sorte de gens, toute de sorte d’uniformes au fur et à  mesure que je remonte la grande rue. Y aurait un défilé ou une cérémonie prévue par ici que ça l’étonnerait pas. Je continue mon chemin vers le Wat Suthat et la Grande Balançoire sur la place qui lui fait face et ensuite c’est facile, une fois qu’on est dans la bonne rue, le Wat Phra Keo c’est tout droit. Car oui, c’est l’étape ultime de ma journée voir ce qui se passe dans le Sanam Luang et visiter le temple ouvert exceptionnellement la nuit. Je m’installe sur le gazon et regarde les enfants qui jouent, les cerfs-volants virevolter dans le ciel. Les drapeaux s’agitent dans la foule, le défilé arrive sur la place. Je n’en vois pas grand chose. Je décide de quitter ma place et de vadrouiller dans les allées. Et accessoirement, je cherche des toilettes.

Bangkok Anniversaire Roi

We love the King Thailande

Derrière les barrières, je me masse avec la foule qui semble attendre le passage du Roi. Quelques voitures, des motards et une voiture plus chic passent suivies de plusieurs bolides rouges. Le Roi vient probablement de passer, c’est allé tellement vite. Pas de ralentissement de l’allure ni de geste à  la fenêtre. Ne me demandez pas si j’ai fait une photo, c’est apparemment interdit. En tout cas, les militaires ont insisté pour qu’on range les appareils. Avec un peu de retard, les portes du temple devraient s’ouvrir au public. Je fais un grand détour pour essayer de me trouver au bon endroit. Vite massé dans une foule immense, je suis dans le bon wagon, y a plus qu’à  suivre. De toute façon faire marche arrière serait très compliqué. La foule est dense, pire qu’un jour de grève dans le métro parisien; mais les gens sont plus respectueux et ce n’est que dans les derniers mètres que ça pousse un peu mais ça doit être pour m’aider, ils ont du voir qu’avec mes kilomètres de marche du jour, j’étais un peu fatigué. Je suis étonné de voir que malgré le très petit nombre de soldats pour essayer de réguler un peu le flot des gens, tout se passe dans le calme. Personne ne rà¢le, ne houspille les autres. Je comprends vite qu’on n’aura pas à  acheter de tickets, c’est ingérable vu le monde et surtout les imprimer ce serait s’assurer de la déforestation de tout le Nord de la Thaïlande. A l’intérieur, le spectacle est superbe. Des guirlandes lumineuses sur tous les arbres joliment taillées en cône. Et on a plus besoin de se tenir collés serrés. Le temple et le Palais Royal sont illuminés. J’arrête pas d’aller et venir dans le Wat Phra Keo, conscient de la chance que j’ai. C’est la 1ère fois qu’il est ouvert la nuit. Des lanternes montent dans le ciel derrière le toît du monument. J’ai du mal à  partir. Au bout d’une heure, je me décide finalement à  sortir.
Dans la rue, il y a un monde fou, je crois que je ne me suis jamais retrouvé dans pareille foule. Impossible de trouver un taxi, un tuk-tuk, un moto-taxi de libre. C’est parti pour 3/4 d’heure de marche vers Hua Lamphong