J’ai fait Ban Krut

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Mes économies vont bien, je vous rassure ! Ban Krut, c’est un coin à  80 km au sud de Prachuap Khiri Khan, je ne vous en voudrais pas de ne pas connaître, la majorité des Thaïlandais à  qui j’en ai parlé, m’ont fait répété d’abord parce qu’on dit Ban Kout, ensuite parce qu’ils ne connaissent pas. Même quand je leur explique où c’est et leur montre la grille d’horaires des trains avec l’arrêt pour leur prouver que ça existe. Heureusement, la Police Touristique d’Hua Hin connaît et m’a remis une brochure pas très explicite avec beaucoup de texte en thaï. Il y a l’adresse du site internet officiel de la ville, je me précipite dessus, pas un mot d’Anglais non plus. Tant pis, je découvrirai sur place. Ce qui me rassure, c’est qu’ils ont l’air de dire que c’est beau. En fait, c’est surtout une destination touristique pour les Thaïs, et assez active apparemment. Très prisée les week-ends et jours fériés mais très calme en semaine, les tarifs des chambres étant plus bas.
Je prends un billet de train 3e classe pour un trajet qui dure une heure de plus qu’en train climatisé. Je laisse donc passer le mini-train de deux wagons avec chacun son hôtesse de bord et m’engouffre dans le suivant. J’aime l’ambiance de la 3e classe et ses vendeurs ambulants même si je n’en ai toujours pas vu avec leur plateau de brochettes comme la dernière fois. Je demande à  une jeune femme si je peux m’asseoir à  côté d’elle dans une phrase thaïe calamiteuse mais que mes gestes ont rendu compréhensible. Une petite fille très complice avec son père s’installe non loin de là  et joue un peu à  cache à  cache avec moi. Ma voisine ne connaît pas non plus Ban Krut, je dois lui montrer ma grille de trains pour lui confirmer que ça existe. Elle prendra d’ailleurs soin de m’indiquer quand je dois descendre.

Petite fille thaie train Hua Hin

Me voilà  sur le quai et une femme tout sourire, me demande en thaï pourquoi je suis là . « C’est joli ici, non ? » tente-je, elle répond par l’affirmative mais n’a pas l’air si convaincue que ça. Sur le parking, deux chauffeurs de moto-taxi avec une petite galerie pour les passagers. Je m’approche du plus souriant. Il me montre une grille de tarifs avec le nom des resorts du coin. Tarif unique: 20 bahts. Je lui demande le prix des chambres. Adjugé pour le Salathai à  500 bahts la nuit. Je m’installe dans un bungalow de bois climatisé avec 3 lits simples. Très bien surtout pour le prix. On est jeudi, deux jours plus tard, j’aurais probablement payé plus cher. D’ailleurs en me baladant un peu dans les environs, je me rends vite compte que tout semble tourner au ralenti. Très probable qu’ils réservent leurs forces pour les touristes thaïs du week-end.
Apparemment, Ban Krut est connu pour sa longue plage, son temple perché sur une colline et son coucher de soleil. Je me poste donc sur la plage pour aller border le soleil. Il a beaucoup plu aujourd’hui, le ciel est encore chargé de nuages derrière lequel l’astre solaire, timide, se cache avant de piquer un far. Un diner au bord de mer et au lit. Il a plu des cordes une grande partie de la nuit. Le lendemain matin, à  la faveur d’une averse au caractère moins trempé, je pars pour l’ascension de la colline où trône ce temple aux toits dorés qui nous nargue de son sommet. A pieds. Petite hésitation dans le parcours, j’arrive dans une petite crique de rivière qui semble faire office de port. Je pensais à  tort que le chemin continuerait. Je m’approche d’un pêcheur dont la femme replie le filet et lui demande comment on va au « wat ti nan » en pointant du doigt vers la montagne. A renfort de grands gestes avec son bras droit, il m’explique gentiment qu’il faut que je reparte puis c’est à  droite, à  droite, à  droite. Je me risque à  lui demander si c’est loin mais comme loin ou près c’est le même mot et seule l’intonation change et j’ai du mal à  prononcer la nuance, sa réponse négative n’est peut-être pas une bonne nouvelle. Optimiste, je repars quand même à  pieds. Et ses explications étaient bonnes et ce n’est pas si loin. J’arrive d’abord devant un grand bouddha d’or assis qu’on voit aussi de la plage. Sur le parking l’agitation des enfants qui viennent de finir leur sortie de classe et remontent dans le bus attire mon attention. Je m’approche, leur institutrice leur somme de me faire un hello, ils s’exécutent. Elle discute un peu avec moi, je m’efforce de lui répondre en thaï.

enfants thailande

Puis, je me lance dans la dernière escalade et l’escalier qui mène au Wat Thang Sai. Il se reflète dans les flaques qui témoignent des averses de ses dernières heures. Le soleil commence à  pointer le bout de son nez. L’édifice est probablement récent mais très charmant. Je tourne autour avant d’y pénétrer. Quand j’en ressors, il fait grand beau. Pourtant, je n’ai pas allumé de bougie.

Ban Krut Wat Thang Sai

Je coupe la marche du retour en m’arrêtant dans un petit restaurant au bord de la plage. Puis je pique une longue tête dans la mer. Oui, je sais, faut attendre deux heures mais rien ne me dit que le beau temps attendra aussi longtemps. C’est pas mal Ban Krut. Pour l’instant… Car ce soir, c’est l’invasion des touristes. Des touristes thaïs. Mon hôtel m’a déjà  prévenu qu’ils attendaient deux cars entiers. Et effectivement le soir quand je reviens, le resort est rempli de chemises oranges qui se baladent…