Les chutes d’Erawan, et vous c’est quoi votre score ?

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A Kanchanaburi comme un peu près partout en Thaïlande, il y a un marché de nuit avec de quoi manger et sur celui-là  essentiellement des vêtements et un peu de tout. Je dois recoller les semelles de mes chaussures qui partent à  volo ( petite ville du Sud de l’Italie, chaussures achetées en France, je précise ) et bien pas de souci, ils sont plusieurs au talat don yen ( marché de nuit ) à  vendre de la glue. Les étales changent tous les soirs, si bien qu’on peut y retourner chaque jour, on aura un marché un peu différent. Le mercredi apparemment, c’est braderie par exemple. Le hic, c’est que ma marchande de riz soufflé au caramel du premier soir, n’est plus là  depuis et j’en veux moi ! C’est bon ce truc…
Quand on vient par ici, il y a deux incontournables si on en croit les guides, le pont et Erawan. Du coup aujourd’hui, c’est Erawan. Départ dans un bus Mercedes qui a du en voir du bitume et qui est probablement plus à¢gé que moi. Après une heure et demie d’une route où alternent les panneaux annonçant de possibles passages de vaches et ceux indiquant des passages d’éléphants, le bus se vide de sa cargaison. Je prends un plan au Visitor’s center et hop, en route. Visiter le parc d’Erawan, c’est comme un jeu vidéo, y a des niveaux à  passer. Sept en tout. Niveau 1 facile, première cascade, certains se baignent déjà .

Erawan Thaïlande

A partir du niveau 2, ça se complique, interdit d’emmener des victuailles. D’ailleurs 10 mètres après vous avoir demandé de ne pas avoir de nourriture et boissons, il y a un panneau qui vous somme de ne pas nourrir les singes, mais même si on voulait les sustenter, avec quoi on le ferait, vu qu’on est censé plus rien avoir à  manger avec nous ? Je viens d »éviter le premier piège. Le jeu continue. Là , il faut ne pas céder aux sirènes en bikini qui vous disent qu’elle est bonne et plonger dans l’eau, éviter les racines, les pierres lisses, ne pas glisser, toujours trouver le chemin parfois dissimulé. On vous envoie une aide à  un moment. Il faut suivre petit slip rose pour pas se perdre. Mais j’ai beau tout faire comme il faut, enfin, je crois, à  un moment je descends d’un niveau pour finalement reprendre ma course en avant. Le chemin devient de plus en plus accidenté, je suis au niveau 6.

Chutes d'Erawan - Thailande

Je ne sais plus où aller, je vois d’autres joueurs s’embarquer dans une direction mais quelque chose ne colle pas. Petit slip rose n’est pas là  pour m’aider. Jamais là  quand on n’a besoin d’elle ! J’entends du bruit sur ma gauche. Tant pis, si ça ne ressemble pas à  un chemin, je vais par là . Pas le choix, il faut traverser un gué puis sauter de pierre en pierre avant de trouver un sentier qui monte et en haut, le niveau 7 s’annonce.

Erawan pancartes

Ca glisse de plus en plus, et beaucoup de concurrents sont en tongues, je commence à  comprendre pourquoi le Parc d’Erawan est célèbre pour ses chutes. Le 7ème ciel est proche. Encore une partie un peu abrupte et ça y est « End of trail ». Je viens de finir le dernier niveau. Je ne sais pas mon score, mon temps n’est pas trop mauvais, je devrais être bien classé. Je me trouve devant une cascade qui se déverse dans un grand bassin qui devient rapidement mon jacuzzi perso où je barbote, fais quelques brasses et la planche pendant de longues minutes. Petit à  petit, d’autres candidats m’y rejoignent dont petit slip rose arrivé bien 5 minutes après moi. Je profite longtemps de cette eau fraiche et douce. A un endroit, je peux me tenir quasiment debout et avoir de l’eau jusqu’au cou. Des filles montent dans la cascade et prennent des poses de magazines pour se faire immortalisées devant les chutes.

Erawan cascades Thailande

Au retour un passage un peu plus délicat avec équilibre sur un tronc d’arbre. Je croise comme à  l’aller, beaucoup de randonneurs en maillots de bain et bikini. Plus besoin de guide pourtant string violet se trémousse régulièrement à  quelques dizaines de mètres devant moi. Je prends un peu plus le temps d’observer les petites cascades de chaque niveau intermédiaire avant d’arriver au bassin du premier que j’appelle dans ma tête, la piscine des flemmards. Et c’est la plus fréquentée. Etonnant ?! Dans les premiers niveaux, je croise enfin des thaïs mais absolument pas en maillots de bain, habillés eux, jusque là  je n’avais rencontré quasiment que des russes et quelques Français. Sur le parking, je tente un ravitaillement express, mais déjà  le lourd klaxon de mon carrosse retentit, j’accoure pour m’engouffrer dans un autre bus Mercedes aussi « récent » que celui de l’aller. Proche de la gare de Kanchanaburi, j’appuie sur le petit bouton au plafond pour signaler au chauffeur que je veux qu’il me jette bientôt et m’approche pour lui dire « Train station ». Et hop, je suis sur le bitume à  quelques minutes de marche du quartier où je réside. Une journée sympa pour qui aime marcher parmi des gens en maillot de bain et nager dans de belles chutes d’eau. Je dois avouer que j’ai bien aimé ça, plus que la cascade de la veille. Et puis ça m’est pas arrivé depuis longtemps de nager dans une eau non-salée et non chlorée.