Un soir de Noà«l à  Bangkok

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Vous savez quand est-ce qu’on comprend qu’il est temps de se raser ? Quand on se balade tranquillement dans la rue et qu’un gars vous aborde pour vous vendre un rasoir. Ah non, pardon il aborde tout le monde. De toute façon, ce soir, c’est Noà«l donc on va faire un petit effort de présentation.
Noà«l à  Bangkok, à  Sukhumvit plus précisément, c’est comme un autre jour, sauf que les filles qui lancent des « hey handsome » aux hommes depuis leur bar ont des chapeaux de Noà«l ou sont habillées en rouge. Certaines cumulent même. On croise parfois des farangs habillés en Papa Noyel, mais ils ne se déplacent pas en traineau mais en moto-taxi. Dans le trafic bangkokien, c’est plus pratique. Ils ont des bières à  la main et semblent plus se soucier des jolies filles que de la distribution des cadeaux. Vers 20 heures, je erre dans le quartier bien décidé à  trouver un endroit où il y a un peu une ambiance qui colle au jour qu’on est. En vain, même dans les pubs allemands, rien de particulier. C’est sà»r qu’à  côté de ma Capitale de Noà«l natale, ici, c’est compliqué de retrouver l’esprit de cette fête complètement étrangère aux Thaïlandais sauf dans les grands centres commerciaux. J’aimerais me faire un repas particulier mais aucun restaurant n’a changé sa carte en ce soir spécial. Du coup, je décide de voyager et d’aller au Terminal 21, au 5e étage, celui où sont regroupés les lieux de sustentation. Mais aucun d’eux ne joue la carte Christmas. C’est pas grave, ce soir, on va se faire un repas sympa. Je compose moi-même mon menu au grès des envies, au Food Center. Avec en entrée, escalope de poulet à  la brésilienne, sa salade coleshaw et ses 12 frites suivi d’un brouillé oeuf et pasta et son émincé de poulet, le tout accompagné d’un jus de fraise frappé. Pour une addition de 90 THB. Bon, d’accord, j’ai un peu glamourisé les noms des plats mais j’ai bien mangé et deux fois plus que les autres soirs. Je contemple le grand sapin lumineux dehors. Je regarde les paquets au pied, aucun avec mon nom…
Reste plus qu’à  trouver un endroit pour passer une bonne soirée. Je sais pas pourquoi mais j’ai envie de danser. Je m’approche de deux discothèques désespérément vides, il est 22 heures passées, encore trop tôt. Je me fais héler par un visage connu. Une des masseuses du salon, où je me rendais régulièrement il y a deux ans. « Harry Potter » crie-t-elle de l’autre côté de la rue. Elle a changé d’établissement. Elle et ses collègues sont attablées dehors. Paraît qu’à  Noà«l, le touriste ne veut pas de massage. A la fermeture, je les suis dans un bar voisin où elles me promettent qu’on peut danser. J’entre donc dans les lieux où maintes fois des filles m’ont interpellé à  mon passage sans succès, avec quatre femmes. On s’installe. Personne ne danse mais au bout d’un quart d’heure un groupe occupe la scène et ça commence à  bouger. Timidement. Au début, c’est surtout notre petite équipe qui se trémousse. Je délaisse mes tongues ( ben oui, j’avais pas prévu ) au moment opportun d’une chanson reggaeisante. Les musiciens ont une bonne humeur communicative. Ils nous auront souhaité un Merry Christmas une bonne vingtaine de fois.
Bon, d’accord, j’ai pas eu de cadeau ( j’en ai pas fait non plus d’ailleurs ), pas de bà»che et j’aurais pu avoir la même soirée n’importe quel soir ici mais à  un moment j’ai eu un bonnet de Père Noà«l avec des étoiles qui clignotent sur la tête. Alors, qu’on viennent pas me dire qu’il n’y a pas l’esprit de Noà«l ici ! 😉
Le lendemain, repas de fête: tacos au boeuf et fromage. Sur le chemin du cinéma pour aller voir Sherlock Holmes 2 ( l’attentat du début a été filmé à  Strasbourg, je suis obligé d’aller le voir ), je croise devant le Robinson une chorale de Noà«l et un Père Noà«l en mode « je me la pète » avec des lunettes de soleil et des assistantes en jupettes sexy et bas résilles blancs. Et après, y a des mauvaises langues qui disent qu’ici Noà«l c’est un jour comme les autres avec un chapeau rouge. Je vous jure ! Un petit plat de pà¢tes et boeuf à  mon nouveau food center préféré ( désolé Tops Market, je te quitte pour la nouveauté et la jeunesse, je suis un mec frivole en fait ) et je monte au dernier étage du Terminal 21 pour mon film. Pub, petit film en hommage au roi pour lequel on se lève, re-pub et bam, ça explose devant la cathédrale de Strasbourg. Divertissant ce Sherlock même si pas tout à  fait dans l’image qu’on se fait du personnage en lisant Sir Arthur…